Que faire des aînés des troupes ? (dernière partie)

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À cette question, les mouvements unitaires (F. S. E., S. U. F., Scouts Saint-Georges et autres) ont apporté des réponses variées et surtout, hésitantes.

 

Les S. U. F. se sont toujours méfiés des raiders, malgré leur lien historique (mais complexe) avec Michel Menu. Il y a bien eu des raiders chez les S. U. F., comme la 4e Saint-Cloud, la 1re Venelles, la 1re Vallée de Chevreuse, la 102e Paris, mais toujours par une sorte de tolérance tacite très S. U. F. Les investitures étaient données par d’anciens raiders, normalement avec l’aval de Michel Menu, qui reste, en dépit qu’il a quitté la hiérarchie S. d. F. en 1956 — il y a plus de cinquante ans ! — la caution d’authenticité, le « grand patron » de tous les raiders. Le désir de renouer avec les raiders ne manque pas dans certaines troupes actuelles dont le niveau technique et spirituel permettrait, de fait, d’aller vers l’investiture.

Mais l’équipe nationale Éclaireurs a préféré récemment une progression un peu différente, vécue en H. P. et non pas individuellement, comprenant des épreuves de niveau raider (nombre requis de 1res classes, épreuves elles-mêmes, techniques et missionnaires, mais plus de parachute ni autre activité dont le « mytho » se révèle coûteux ou d’utilité contestable) et sanctionnée par un « brevet H. P. » dont l’insigne est élégant, mais le nom un peu neutre. C’est sans doute ce défaut d’image, d’attrait, qui semble avoir pour l’instant cantonné le brevet H. P. à une certaine discrétion.

 

La F. S. E. a d’abord résolument refusé les raiders. Changement d’avis, non sans débat, alors que Jean-Michel Permingeat est C. N. E., et retour des raiders avec l’aval de Menu. Cette fois, même si les épreuves sont modernisées, il s’agit bien des raiders, avec ailes et numéro (mais sans béret vert). Toutefois, la progression s’avère plus individuelle que collective, en ce sens que les troupes ne sont pas raiders comme telles. En fait, les raiders sont généralement les C. P. et seconds des « patrouilles Cimes » (équivalent des anciennes « patrouilles Kim »), une troupe pouvant avec un gros effort avoir toutes ses patrouilles Cimes et donc être une « troupe Cime ». La proposition a rencontré un certain succès qui ne paraît cependant pas plus ample que celui des raiders historiques, c’est-à-dire environ 10 % de l’effectif Éclaireurs raider ou candidat raider.

 

Dans les deux cas, S. U. F. et F. S. E., il est donc patent que la question de la progression post-1re classe est posée. Avec ou sans brevet H. P. ou raiders, les C. P. de dix-sept ans sont toujours aussi difficiles à motiver. Si la troupe est en bonne santé morale, si, en particulier, la responsabilité du C. P. y est mise en avant selon le principe du « système des patrouilles », s’il règne une atmosphère d’amitié fraternelle et de franchise, le grand scout joue le jeu assez volontiers. Mais pour peu que la troupe soit en situation de faiblesse, qu’un peu de triche ou, plus exactement, de « biaise » se soit installée, que la maîtrise manque d’autorité (ce qui peut arriver d’une année à l’autre), la pente est beaucoup plus difficile à remonter et une des rares mesures efficaces est le renvoi des C. P. et le recommencement avec des H. P. plus jeunes, donc plus maniables et motivées. Le « système des patrouilles », base du scoutisme unitaire, ne fonctionne qu’avec une attention particulière, constante, prudente et intelligente aux aînés de la troupe. Ils ne sont pas seulement les pivots fonctionnels de la troupe ; ils en sont la clé morale.

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