Huit idées reçues à l’usage des chefs scouts
Mise à jour le Jeudi, 14 Janvier 2010 16:45 Écrit par Fr Yves Combeau o.p. Jeudi, 10 Décembre 2009 20:49
Huit idées reçues toutes simples et pratiques qui vont redonner le moral aux chefs scouts, aux chefs de groupe, aux aumôniers et à tous ceux qui croient qu’il est plus difficile d’être scout aujourd’hui qu’autrefois.
1) Il n’y pas moyen de trouver un local… Rien de neuf ; le plus ancien et sans doute le plus puissant groupe de Paris, Saint Louis, est vagabond depuis 1933. Soixante-seize ans de provisoire, de parents compatissants, de demi-solutions et de cantines dans les greniers. Quant à la très glorieuse 27e Paris, elle vit dans une cave depuis la même année 1933. Si, si, une cave. Entrée au ras du trottoir.
2) J’ai du mal à recruter des scouts… Certes, mais le scout, messieurs, ça va se chercher au tire-bouchon. En 1930 comme aujourd’hui. En 1930, quand on n’était pas une troupe des beaux quartiers, la plupart des gars de plus de quatorze ans travaillaient. Le fondateur de la 79e Paris, un C. P., était ouvrier ajusteur chez Citroën à Javel. Il avait quinze ans.
3) Les parents font de l’obstruction… Les parents ont toujours fait de l’obstruction. Il est même touchant de constater avec quelle constance les rallyes, les fêtes de famille et les décès de vieille grand-tante peuvent coïncider avec les week-ends de troupe. C’est à croire que de 1920 à aujourd’hui, les grands-tantes planifient leur enterrement en fonction du programme de troupe.
4) Mes scouts ont toujours école au mauvais moment… Ben oui. Le groupe de Saint-Thomas-d’Aquin qui n’arrivait à concilier les horaires de ceux de la communale, qui étaient libre le samedi, et de ceux de l’école des Frères, qui étaient libres le mercredi, a fini par créer deux meutes (la 195e et la 196e Paris). Plus ennuyeux, le directeur de Franklin a proprement coulé la troupe du collège (la 121e) au bénéfice des sacro-saints résultats scolaires. C’était en 1961. Comme la course aux résultats ne s’est pas ralentie, la guéguerre continue.
5) Mon aumônier se prend pour un chef… Depuis quatre-vingt-dix ans, cette espèce est assez répandue. Et compréhensible ; après tout, les aumôniers sont généralement les directeurs, responsables, référents, et tout autre synonyme de « chef », des activités auxquelles ils participent. Quant à ceux qui ont réellement été chefs scouts, ils ont en plus l’expérience avec eux. Un petit tour aux archives diocésaines de Paris, cartons 8 K 1 3 a à g, édifiera le curieux. Le grognement, la râlerie et la petite épitre rageuse n’ont jamais cessé.
6) Mes gars ne sont jamais en uniforme (ou tenue) correcte… Non, jamais. J’ai une jolie collection de clichés anciens, des Entraîneurs de Saint-Honoré-d’Eylau en 1916 aux raiders de la grande époque. Les scouts de calendrier mis à part, les gars ne sont jamais en tenue correcte. Un problème génétique, peut-être ? Ce qui n’empêche pas d’essayer…
7) Transporter ma troupe au camp est un casse-tête… De quoi vous plaignez-vous ? Avant 1937, il n’y avait pas une compagnie ferroviaire, mais cinq. Avec des tarifs tous différents. Et des billets de groupe applicables du 11 juillet au 23, sauf le 15, sauf les trains supplémentés, sauf le semi-direct de 12 h 34, à condition d’avoir l’avenant 345 Z-2 valable sur le P. L. M. et l’Est, mais pas en cas de correspondance à Culmont-Chalindrey. Les S. d. F. ont fini par créer un clan de routiers volontaires qui, entre autres services, remplissaient celui de prendre les billets pour les scouts. Le clan 101e Paris. C'est dire à quel point c'était compliqué.
8) Mes scouts sont nuls en installs… Allez, pour vous consoler, je vais dénoncer un scout célébrissime qui, quand il était chef, était nul en installs. C’était Pierre Joubert. Ses dessins sont somptueux, mais quand il était à la 14e Paris, ses installs étaient faites de trois brindilles nouées. C’est son ami Pierre-Louis Gérin qui, lui, était un génie du froissartage. Les installs de Joubert, c’est du Gérin !








Commentaires